Blue Velvet, David Lynch, 1986

Critique par Mona Caligo

Blue Velvet. Un pilier du cinéma. Quand on pense à David Lynch, on a souvent en tête des films comme Eraserhead, Mulholland Drive, la série Twin Peaks ou l’incontournable Elephant Man. Mais l’un des films les plus prodigieux qu’il m’ait été de voir dans toute ma vie, c’est Blue Velvet, que je viens de rattraper assez récemment grâce à sa sortie sur grand écran dans le cadre d’une rétrospective sur le réalisateur. Mon plus grand regret, en sortant de la salle, a été de me dire que j’aurais dû le voir bien plus tôt.

Que vous dire de l’histoire sans trop vous en raconter ? Nous suivons la vie de Jeffrey Beaumont qui, après avoir découvert une oreille humaine coupée dans un champ, décide de mener l’enquête avec son amie Sandy Williams. Ils vont ensemble pénétrer dans l’univers atypique et mystérieux de la chanteuse Dorothy Vallens, qui semble liée à Frank, un gangster avec des intentions que l’on découvrira de plus en plus sombres.

Je ne peux pas en révéler trop sur ce film (surtout que je pense que beaucoup d’entre vous l’ont déjà vu), mais il me semble important pour ceux qui souhaiteraient le découvrir, de vous mettre en garde. Il n’est pas pour tout le monde. En règle générale, je supporte tout au cinéma. Je n’ai aucun problème à voir certaines scènes décrites comme violentes, glauques ou même malsaines. Mais ici, j’ai ressenti un grand mal être devant ce film et, sans pour autant vouloir sortir de la salle, j’étais dans l’incapacité de dire ou de faire quoique ce soit, et même encore bien après la séance, il m’a fallu un peu de temps pour réfléchir sur ce que je venais de voir, et sur les nombreux sentiments que j’ai ressentis.

Tout le film est absolument excellent. Du choix de la musique (le superbe titre « Blue Velvet » de Bobby Winton que je n’écouterai plus jamais de la même façon et même « In dreams » de Roy Orbison durant une des meilleures scènes de ce film) jusqu’à la performance incroyable des acteurs : Isabella Rossellini dans le rôle de Dorothy est absolument bluffante, Kyle MacLachlan dans le rôle de Jeffrey est pour moi le personnage le plus complexe et profond de tout ce film, Laura Dern dans le rôle de Sandy le joue à la perfection, et bien sûr Dennis Hopper qui joue Frank et qui, à mon sens, est un des meilleurs rôles de sa sublime carrière. On y retrouve son talent, sa justesse et surtout sa force de performance pour jouer un rôle pareil, ce qui fait de lui un grand acteur, (même si ce n’est plus à prouver). Tout ce qui constitue cette oeuvre en fait pour moi un des meilleurs films jamais réalisés au cinéma, et qui fait désormais partie de mes films coup de cœur. Il est trop difficile pour moi d’expliquer par des mots tout ce que j’ai à dire sur ce film, alors je ne peux vous conseiller qu’une seule chose: regardez Blue Velvet, car quoi que vous en pensiez, vous n’en sortirez pas sans ressentir quelque chose, et peut-être que là, vous comprendrez ce que, avec des mots, il est impossible d’expliquer. 

Vive le cinéma.

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