Enfermés Dehors, Albert Dupontel, 2006

Attention, spoilers !

    Il fallait que je parle de ce film, et ce, pour un grand nombre de raisons que j’essaierai de développer comme ce film le mérite. Enfermés dehors, sorti en 2006, est le 3ème film d’Albert Dupontel, après les brillants Bernie (1996) et Le Créateur (1999). Pour ce film Dupontel reste très fidèle à lui même en interprétant encore le rôle principal, rôle dont la folie est plus que jamais au rendez-vous. Il est de nouveau entouré de ses acteurs et actrices fétiches comme Claude Perron, Nicolas Marié ou encore Yolande Moreau. On peut aussi saluer les superbes caméos de Terry Gilliam et Terry Jones ! 

   Ce film est l’un de mes favoris depuis que je le regardais avec mon père sur un vieux DivX piraté quand j’avais 6 ou 7 ans. Tout comme à cette époque, le film me fait toujours autant pleurer de rire ! De plus, je me suis rendu compte au fil des années de la réflexion quant au questionnement de justice sociale portée avec humour par ce film. Cela fait que depuis tout ce temps je ne cesse de redécouvrir ce film régulièrement. C’est pourquoi j’ai du mal à donner un avis parfaitement objectif sur ce film. Néanmoins je reste toujours aussi certains de son incroyable potentiel.

   Le film suit l’histoire de Roland, un SDF aux dents pourries et aux haillons miteux, presque aussi misérable et taré que le personnage de Bernie, addicte à la colle et maltraité par les policiers. Il trouve par chance un uniforme de policier qu’il décide de porter pour venir en aide à Marie qui cherche à récupérer sa fille. Cette recherche le poussera à s’attaquer un un riche actionnaire à cause d’un quiproquo.

   Muni de son uniforme trop grand, Roland acquiert alors pouvoir et reconnaissance. Il est toujours aussi déjanté, débile et misérable mais désormais chacun lui doit le respect. L’habit ne ferait-il pas un peu le moine tous comptes faits ? Les passants obéissent à chacun de ses coups de sifflets ou coupent leurs téléphones au volants dès qu’ils le voient. Le seul à ne pas se plier à son autorité est ce monstre de la finance qui se croit au dessus des lois. Le genre de gars qui vire des centaines d’employés qui se retrouvent désespérés car selon lui “c’est les affaires”. 

Sur le plan visuel, ce film est un régal ! Les angles improbables et les lumières rappellent le style de Marc Caro, comme dans Delicatessen. Le montage nous offre des transitions hilarantes ce qui donne au film un rythme parfait. Quant aux musiques, le film s’ouvre sur du Noir Désir et on a le droit à du bon rock punk avec par exemple Les Hyènes, le tout s’associant parfaitement avec la bande originale d’Alain Ranval.

Roland est peut-être la seule personne à être vraiment digne de porter cet uniforme au final. Enfermés dehors est un film qui, à l’image de son héros, veut faire justice et désire redonner de la considération à ceux qui en manque à cause de leur situation. Il a pour but de toucher son public afin de le recentrer sur les vrais problèmes de la société, ceux qu’on ne peut nier mais qu’on ignore constamment : la misère, la faim, l’inégalité dans la répartition des richesses ou l’immense foutage de gueule présent au quotidien dans les publicités et autres stratagèmes de la société de consommation qui nous emprisonne parfois dans la misère. 

PS: le film est disponible sur Netflix pour le moment

Écrit par Corentin Claeysen

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