
Première série Netflix tournée en Espagne, Las Chicas del cable (ou Les Demoiselles du téléphone) sort le 28 avril 2017 sur la plateforme.
Dans les années 1920, quatre jeunes femmes ainsi que de nombreux autres personnages évoluent dans une entreprise téléphonique madrilène. Alba, figure principale, est accusée du meurtre d’un couple au sein duquel on sait le mari possessif et la femme envieuse de liberté : on pose les bases des enjeux de série. Société très patriarcale et corrompue oblige, l’héroïne change d’identité pour se faire engager dans la société et voler la direction pour les forces de l’ordre assoiffées de richesse, en échange de sa liberté. En se retrouvant confrontée à son passé, elle fait également la rencontre de plusieurs profils, que l’on suivra durant les cinq saisons, prenant très vite pour la plupart une grande valeur dans l’intrigue.
Après quelques premiers épisodes très prometteurs quant à la concentration de la série sur le féminisme où l’on séduit pour résoudre les rouages d’une société de chantage, on doit bientôt chercher ce qui ne relève pas d’ennui causé par la séduction. C’est un peu l’arroseur arrosé de la drague où les sentiments sont sincères mais où le destin semble s’abattre sur les personnages de manière systématique, ce qui peut avoir tendance à rendre le spectateur irrité des réactions dramatiques des personnages. Après quatre saisons dans l’Espagne prospère d’avant la guerre civile, Netflix décide de nous en proposer une cinquième en plein déchirement du pays, avec la promesse de nouvelles péripéties à la clé : les demoiselles du téléphone sont de moins en moins liées à l’essence du scénario : le téléphone.
Attention, si vous êtes pointilleux du costume d’époque, vous serez certainement déçus par quelques pièces clichés des soirées mondaines, sans pour autant que celles-ci tombent complètement dans le déguisement.
Malgré les enjeux féministes qui dérivent à l’eau de rose et les minces faux-pas de la série, on s’attache aux figures principales, qui lorsqu’elles redeviennent nos contemporaines sous les visages d’actrices et d’acteurs semblent encore des apparitions des années 1920/1930 ; bref, les directeurs de casting ont réussi leur pari. Si l’intrigue générale semble parfois un amas d’histoire de cœur, chaque personnage connaît une évolution notable : passage à l’action féministe politique, émancipation personnelle, ouverture d’esprit, etc., chacun peut y trouver son compte de suspens, d’Histoire ou d’émotion.
À voir en version originale sous-titrée pour ne pas avoir les oreilles sanglantes.
Louise
