
Critique par Mona Caligo
J’ai longuement hésité à faire une critique sur Portrait de la jeune fille en feu, tout simplement parce que je le trouve parfait. Je sais, au cinéma rien n’est parfait, mais je ne trouve pas d’autres mots pour le décrire.
Le film se passe en 1770 et raconte l’histoire de Marianne (Noémie Merlant), une peintre qui doit réaliser le portrait de Héloïse (Adèle Haenel), une jeune femme devant se marier et venant de quitter le couvent. Cette dernière n’a pas envie de se marier et refuse de poser, Marianne va donc la peindre et la regarder en cachette afin de réussir à produire son portrait.
Je pense que même en utilisant tous les mots possibles de la langue française, je n’aurais jamais assez de mots pour vous décrire à quel point j’ai aimé ce film, et à quel point je l’aime et l’aimerai à jamais. Il m’a fait ressentir ce que rarement des films m’ont fait ressentir: l’envie de vivre, de me révolter, l’envie de l’amour. Il m’a fait comprendre à quel point la vie est belle et à quel point il faut aimer, parce que l’amour est une chose magnifique, mais aussi très fragile, et c’est pour moi ce qui ressort de ce film: une fragilité, mais aussi une puissance que je n’avais que très peu vue dans des long-métrages.
Vous trouvez peut-être cela légèrement cliché, et je vous comprends, mais ce film est bien différent de ce que vous avez l’habitude de voir, et je vous demande de me croire.
Je suis sortie en sanglots de la première séance (ainsi que de la deuxième) et malgré cela je n’ai jamais autant éprouvé le besoin de dire je t’aime.
Ce film vous transportera, vous fera ressentir une profonde tristesse, mais aussi un profond sentiment de légèreté et de courage, de tourments et d’envie de se sentir vivants, et vous fera ressentir toute l’ivresse et la dureté dont fait preuve la vie.
A travers son esthétique sublime digne des plus belles peintures, ce film vous fera voyager dans l’univers si beau et si cruel de ces deux femmes, condamnées par l’amour. Derrière ce cadre sublime se cache la douleur de l’autre.
De plus, c’est un film qui traite à merveille de la place de la femme dans la société et qui renvoie à notre société actuelle car les mêmes thèmes y sont traités, mais c’est aussi le meilleur film que j’ai pu voir traitant de la communauté LGBTQ+ , car il ne montre pas seulement les relations charnelles, mais bien l’amour, le sentiment d’impuissance, le tourbillon qui nous emporte, la façon dont tout peut s’arrêter mais la fureur avec laquelle nous sommes prêt.e.s à nous battre pour rester et aimer. ♥
Je vous demande de voir ce film. Pour le bien des femmes. Pour le bien des minorités qui, pour une fois, ont une représentation parfaite de la difficulté d’aimer, encore dans notre société.
Je ne remercierai jamais assez Céline Sciamma pour tous les superbes films qu’elle a pu faire et que j’ai absolument adorés (elle a aussi été scénariste pour Ma vie de Courgette de Claude Barras et Quand on a 17 ans d’André Téchiné que je vous conseille absolument), et je ne remercierai jamais assez non plus Adèle Haenel et Noémie Merlant pour tous les combats qu’elles mènent, pour leur jeu incroyable et pour le bien qu’elles apportent toutes les trois au cinéma français, qui mérite bien plus de réalisatrices, de femmes, et de jeunes filles en feu pour le révolutionner.
Vive les femmes, et vive le cinéma.
