
Critique par Mona Caligo
Avant ce film, je n’avais encore jamais vu de film de Philippe Garrel, et quelle ne fût pas ma surprise en découvrant son cinéma. J’y ai trouvé toute la beauté, la poésie et la véracité de la vie à travers son long-métrage.
Il est évident que c’est le genre de film qui ne plaira pas à tout le monde; certains le trouveront long, ennuyeux ou même sans intérêt, mais le cinéma est aussi là pour diviser les goûts, et sortir d’une zone de confort pour explorer l’art au plus profond de lui-même. Et pour ce film, je vous demande de vous laisser emporter par son cinéma, car vous ne regretterez pas de le découvrir.
Ce film est pour moi une poésie filmée. Il raconte l’histoire de Louis, un homme se séparant de sa femme et retrouvant l’amour auprès d’une autre, et parle aussi de la fille de Louis, qui doit apprendre à connaître cette nouvelle femme. C’est ici un résumé assez vague que je vous fais, mais il est difficile de résumer ce film, tant il touche à énormément de thèmes différents. C’est avant tout pour moi un film qui se centre sur l’intériorité des personnages et leurs sentiments. On y voit la douleur de la mère, l’ignorance de la petite fille de Louis, la nouvelle femme de ce dernier qui semble assez instable et perdue dans sa vie, se raccrochant à Louis comme si il était sa seule raison d’exister, mais ce film est surtout centré sur les sentiments de Louis, perdu dans le vacarme de son existence, et dans les choix qu’il doit prendre.
On voit dans ce long métrage la difficulté que prend le personnage à faire des choix, mais aussi et surtout la difficulté qu’il a à réussir les différents sentiments qui le rongent à l’intérieur, passant par la colère, la désinvolture, la joie qui peut être courte mais intense, sa nonchalance, mais aussi et surtout sa jalousie.
Si j’ai autant apprécié ce film, c’est qu’il m’a touché personnellement. Sans rentrer dans les détails précis de ma vie, j’ai reconnu, à travers les personnages, les comportements nocifs et de jalousie maladive dont peuvent faire part les hommes dans la vie réelle, ce que ce film montre à la perfection. J’y ai reconnu des aspects de ma vie passée, et je pense que c’est un film utile que j’aurais aimé voir bien plus tôt.
Si je ne m’étale pas trop dessus, c’est pour vous laisser l’occasion de le découvrir comme je l’ai fait, sans en connaître énormément, sans a priori ou impatience, et de prendre le film tel qu’il vous vient, de vous laisser prendre par ce dernier. Ouvrez vous à lui, et peut-être qu’il vous fera autant de bien et de mal qu’il m’en a fait.
En résumé, c’est un film poignant, plein de véracité sur la vie et sur les comportements humains, et qui nous touche de par sa puissance à transmettre ce que je pense, beaucoup de gens vivent encore.
Laissez vous submerger par les émotions qu’il vous apportera, vous n’en sortirez pas indemne. Ce film a une leçon à donner, une façon de décrire la vie si belle et si réaliste à la fois car, malgré la poésie qui en ressort, il reste un film dur, avec une superbe moralité sur la façon de voir la vie et, lorsqu’on finit de le regarder, on se sent chanceux d’être vivants, et on comprend qu’il n’est jamais trop tard pour pouvoir changer les tourments qui nous poursuivent.
J’ai encore tellement de choses à dire là-dessus, mais je veux vous laisser le découvrir le plus naturellement possible, alors il ne me reste qu’à vous encourager à voir ce chef-d’œuvre, et à vous souhaiter une bonne séance.
Vive le cinéma.
