The OA sur Netflix

Affiche

Parmi le catalogue du géant Netflix -que certain.e.s personnes n’hésiteraient pas à qualifier de « fast food »- se cachent des perles, bien plus qu’on ne pourrait le penser (nous choisissons ce que nous regardons et ce que nous mangeons, n’est-ce-pas ?). J’ai donc choisi de dévorer The OA comme un pancake fait maison accompagné de sirop d’érable. 

Créé par Brit Marling et Zat Batmanglij, nous avons ici une production de deux amis ayant fait leur premiers pas avec des court métrages et des projets durant l’université. Éloignés des grandes productions et des noms habituels, ceux-ci nous proposent une série étrange, un alien, une boule de cristal brillante dans laquelle nous ne pouvons que plonger avec un état d’esprit mystique, quoiqu’un peu sceptique. 

Le thème principal de la série tourne autour de la mort et de l’après-mort, l’au-delà, mais aussi sur la liberté des hommes en fonction de leurs choix dans la vie. De nombreuses références philosophiques, religieuses ou astronomiques axées autour de l’Art rendent le projet plus ambitieux et bien plus sucré; tel un glacage saveur vanille réussi sur le dessus d’un fondant au chocolat. 

Personne ne pourrait sortir du visionnage de la 1ère saison sans s’être interrogée sur sa vision de la vie, ainsi que la complexité que celle-ci implique: 

Qui suis-je ? Où vais-je ? Quand vais-je mourir ? Comment ? Ais-je une quelconque importance à jouer dans le monde, où ne suis-je rien d’autre qu’un grain de poussière à l’édifice qui finira par s’envoler avec le vent ? Telles sont les questions que je me suis surpris à penser en projetant mon esprit dans celui de Prairie, cette jeune femme perdue à la recherche de l’essence même de l’énergie que nous appelons Vie. 

Les musiques lancinantes du violons, les accords parfois lourds ou légers du piano nous entraînent dans une valse que ce couple d’amoureux danseraient dans la rue pendant leurs vacances, ou bien dans le métro de new-yorkais. 

Les dimensions se mêlent, plan après plan, dans cet univers à la fois bleu et glacial, vert et apaisant, même parfois gris et tranchant comme une lame. Le suspens est maintenu, l’émotion est grandissante, amusante, écoeurante; mais nous en réclamons plus car notre coeur nous crie que tout va s’arranger. 

Que tout peut encore s’arranger. 

Puis c’est la redescente, l’incompréhension. On chute de notre nuage tout en sachant qu’on y reviendra, telle une addiction. On se demande si tout ceci a un sens. Mais tout a-t-il le besoin d’être expliqué ? Peut-être pas. Certaines choses restent hors de notre portée, mais il ne tient qu’au spectateur de s’interroger et de se creuser les méninges. La réponse, au fond, est sûrement enfouie en lui. Comme la réponse à tout ce qui nous entoure d’ailleurs. Car c’est bien ici que réside le plus grand secret pour l’Homme: à l’intérieur de lui-même… 

The OA, c’est cette talentueuse violoniste pour laquelle je m’arrêterais afin de donner un billet. Et j’aurais l’intime conviction qu’un jour ou l’autre, elle finira par trouver le succès car elle fait ce qu’elle aime avec passion. 

La passion ne s’imite pas, elle se vie. 

Danny Jay

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