Bonnie and Clyde, Arthur Penn, 1967

Bonnie and Clyde (Penn, 1967) - LES CLASSIQUES DU CINEMA

Une mine d’or scénaristique maladroitement exploitée. 

Avant d’être une œuvre culte citée à tout va, Bonnie and Clyde est le récit d’une histoire rocambolesque et passionnante qui a bien plus à dire que ce qui apparaît dans le film. Entre enjeux passionnels et fraternels, rivalité et entraide, road trips et allers-retours en prison, le gang Barrow est une source d’inspiration à la hauteur d’un cinéma qualitatif et intelligent, ce qu’Arthur Penn n’a pas su retranscrire. 

C’est en 1967 que paraît Bonnie and Clyde, après quelques années riches en cinéma desquelles sont issus certains des plus grands chefs d’œuvres cinématographiques existant. Dans un contexte social particulier, le film d’Arthur Penn, simpliste et prévisible, devient rapidement l’objet d’un engouement remarquable et est aujourd’hui un classique du septième art. Alors, ce n’est pas tant l’œuvre elle-même qui est populaire, mais plutôt son thème, ce qu’elle a essayé de transmettre sans succès mais qui a tout de même su donner une voix à ce couple lui, en l’occurrence, digne d’intérêt. 

Si il m’est difficile d’attribuer le succès de l’œuvre d’Arthur Penn au film lui-même, quelques éléments indépendants les uns des autres sont tout de même remarquables. Très techniques, certaines scènes s’accompagnent d’une certaine tension qui, même si elle redescend dès lors que l’on entend le personnage de Blanche crier, apporte quelque chose de plus aux tirs de fusil et au sang coulant à flot. De même, après une heure et quarante minutes de film, la fin se fait sentir et, pour la première fois, nous sommes agréablement surpris de voir une séquence entière absolument captivante, rythmée et menée avec brio. Dans un autre registre, bien qu’évoluant dans un univers étrange dans lequel tout semble se concrétiser sans effort, les acteurs parviennent à être justes et se rapprochent, malgré l’apparente héroïsation, de ce que l’on pourrait imaginer de Bonnie Parker et Clyde Barrow; merci à Warren Beatty et Faye Dunaway d’avoir apporté une once de légitimation à l’œuvre d’Arthur Penn. 

Bonnie and Clyde est un film qui, à défaut de faire justice à l’histoire, nous la fait connaître et nous redirige vers les archives pour en savoir plus. 

Avis écrit par Loris

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