L’Atalante, Jean Vigo, 1934

Affiche Pliée 40x60cm L'ATALANTE (1934) Jean Vigo, Michel Simon RESSORTIE EC

Dernier film de la carrière de Jean Vigo, on dit de L’Atalante qu’il fait la synthèse de l’œuvre de son réalisateur, encore jeune adulte quand sa maladie l’emporte. Ici, on défie l’autorité, on explore, et l’on s’aime sous le regard d’une éternelle figure paternelle à laquelle Vigo tient tant, incarnée dans son ultime histoire par l’énigmatique Père Jules. C’est lui-même qui, parfois, semble nous conter le récit.

Dans des scènes dont on ne sait si elles provoquent en nous le malaise ou la fascination absolue, deux jeunes mariés partent en voyage sur une péniche : pour elle, Juliette, c’est la découverte totale, l’euphorie d’une expérience nouvelle qui la transforme en enfant curieuse à laquelle. On lui donne les pleins pouvoirs sur l’humeur du spectateur, comme rarement on les donne à une femme à l’époque. Pour lui, Jean, c’est la reprise de son quotidien en mer, en adulte résigné et incapable de se rendre compte que sa vie peut devenir douce. En plein réalisme poétique, Vigo nous raconte l’apprentissage de la vie de couple, mais surtout de la vie en communauté. Confronté à la jalousie, le dégoût, et la rancune, le spectateur apprend avec les personnages la confiance, l’écoute, l’absence de jugement et le pardon. En quelques semaines de navigation vers la sagesse, on comprend que la paix et l’harmonie ont parfois le prix de la désobéissance. Nous aussi, faisons la paix avec ce classique des cours de cinéma universitaires : que l’on s’attache à la délicatesse des plans ou que l’on s’irrite du comportement aveugle des personnages, Jean Vigo et L’Atalante nous auront toujours appris à voir plus souvent le visage de ceux que l’on aime au fond de l’eau. 

Louise Rivoiron

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