The Great Gatsby de Baz Luhrmann ou l’Art du non-conformisme

 

La grande affiche du film Gatsby, Articles ménagers, décoration ...

Un cinéma hors normes, osé, subtilement intelligent.

Le personnage de Gatsby est déjà connu du public lorsque Baz Luhrmann décide d’adapter une fois de plus le roman de F. Scott Fitzgerald. Le réalisateur se doit donc d’exceller, sous peine d’assombrir cette lignée artistique dont on ne compte plus les œuvres, créant ainsi deux heures et vingt deux minutes d’images somptueuses et brillantes qui à elles seules contiennent tout ce que le cinéma a à offrir. On y découvre toute la magnificence du septième art. 

Allégorie du risque, The Great Gatsby est un chef d’œuvre d’habileté. Sous des allures faussement maladroites, les époques et les thèmes sont minutieusement entremêlés et rien ne semble alors faire sens. Celui qui n’appréhende pas correctement l’incongruité du film ne se pose pas la question de savoir si elle n’est qu’argent et expérimentation hasardeuse ou audacieux coup de maître scénaristique. En cela, face à cette ambivalence qui caractérise le travail de Baz Luhrmann, il n’y a pas d’intermédiaire entre son adoration et sa répudiation, instaurant un lien très intime entre l’œuvre et le spectateur qui a su en jouir. The Great Gatsby est une extraordinaire aventure personnelle qui, de par son non-conformisme, offre une expérience propre et exclusive à tout spectateur emporté par son flot. 

Derrière sa superficialité, le film témoigne d’une extrême profondeur débordant d’authenticité. De son extravagance parfois presque grossière découle toute l’intelligence des réflexions instaurées par le récit; c’est un parfait alliage contradictoire. Il est dans les capacités de tout un chacun de comprendre le sens surfacique du film, mais le réel apport intellectuel de l’œuvre est bien plus subjectif, subtilement dissimulé dans toute l’absurdité des personnages, des lieux, des fêtes, des années vingt etc. À travers cette irrégularité, le réalisateur offre à chacun la possibilité de voir ce qu’il a envie de voir, de construire quelque chose de rationnel dans toute l’incohérence du film. 

The Great Gatsby est un chef d’œuvre absolu qui trouve tout son intérêt dans sa manière d’adapter le roman original. Au même titre que Everybody’s free to wear sunscreen, court clip vidéo paru en 1999, il semble universel et assez simpliste bien qu’intelligent alors qu’en réalité, il déborde de subtilité et puise ses ressources dans le spectateur lui-même. Finalement, le film ne pourrait appartenir au cinéma conventionnel, sans quoi tout son sens serait omis. Il fait partie d’un cinéma qui appelle à la participation intellectuelle du spectateur, un cinéma personnel, interactif. 

Avis écrit par Loris Aldebert

-Everybody’s free to wear sunscreen, Baz Luhrmann 

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