Black Panther ou la petite pépite de l’univers Marvel

Une affiche de "Black Panther" malencontreusement associée à « La ...

D’après le dictionnaire Larousse, un Blockbuster est une production cinématographique à gros budget publicitaire, destinée à produire des profits record. 

Depuis 12 ans, avec la sortie du premier Iron Man nous pouvons voir régulièrement des films de la saga de l’infinité, regroupant tous les films de l’univers Marvel au cinéma. Autant dire clairement que ces dernières années nous ont déçues en blockbusters. Souvent les mêmes protagonistes avec des plagiats scénaristiques toujours plus médiocres et prenant place dans des métropoles. A chaque production des budgets pharaoniques, pour rien d’extraordinaire.

En 2018, un nouveau Marvel est sorti. Le troisième film de Ryan Coogler est une agréable surprise et une innovation dans plusieurs domaines. En quoi Black Panther est un blockbuster innovant ?

Après les événements de Captain America : Civil War, T’Challa retourne au Wakanda pour gouverner sur son Pays mais des ennemis conspirent pour le détruire car il possède le vibranium, un matériau rare. Black Panther s’allie avec la CIA pour les arrêter.

La plupart de l’histoire se situe au Wakanda, un pays imaginaire se trouvant en Afrique subsaharienne, près de l’Ethiopie. Nous ne sommes pas dans une grande ville américaine comme dans les films Iron Man. Certes, la capitale du pays est remplie de buildings, donnant un aspect futuriste mais en harmonie avec la nature avec la présence de murs végétaux. Nous nous retrouvons dans un nouveau pays, (qui n’a jamais été exploité à l’écran), avec de vastes prairies mais (aussi) de grandes montagnes. Certaines scènes sont également situées à Busan en Corée du Sud, notamment la scène du Casino, mais aussi à Londres pour la scène se déroulant dans le musée. 

Le film repose essentiellement sur des personnages africains ce qui ajoute une dimension encore très peu vue dans le cinéma grand public hollywoodien. Le scénario peut sans doute être considéré comme vu et revu, cela dit ça ne le rend pas moins inintéressant. Coogler a choisi de travailler sur la psychologie des personnages plus que sur les scènes de combat, trop souvent vu dans les Marvel et un peu redondant.

Le successeur de Black Panther, le roi T’Challa doit assumer une faute du passé qui n’est la sienne mais celle de son père et pour cela sa place au trône est menacée. Il doit affronter Eric Killmonger, son cousin caché que son père a choisi d’abandonner en Californie.

Par conséquent ça fait de Killmonger un méchant crédible mais surtout un enfant fragile et meurtri par l’assassinat de son père et le rejet de Wakanda, dont il cherche terriblement un moyen de se venger. 

On nous montre notamment cette fragilité devenue haine dans une scène touchante lors de l’initiation de Killmonger en Black Panther sensé le mener vers ses ancêtres mais qui l’emmène finalement face à son père où des champs-contre-champs vont se succéder entre l’enfant qu’il a été et ce qu’il est devenu.

T’Challa est ce que Killmonger aurait pu devenir s’il n’avait pas été exclu de Wakanda, l’un a eu une famille pour le soutenir l’autre a grandi seul dans une ville dangereuse. C’est en cela que Black Panther est un film profond qui traite de l’humain avec subtilité.

S’ajoute à cela une réflexion politique sur l’aide que peut apporter le Wakanda aux pays opprimés, sous la dictature ou encore à l’accueil de migrants dans leur pays. Le personnage joué par Laputa Nyong’o, la princesse Nakia incarne cette volonté de venir en aide à ceux qui en ont besoin. C’est une femme forte, courageuse et indépendante dont son rôle ne se limite pas à protéger son pays. Mais également à s’ouvrir au monde pour leur apporter soutien et technologies avancées afin de leur rendre une vie meilleure.

Bien que les rôles féminins soient secondaires, Coogler prend soin de les travailler. Tout comme Nakia, les autres personnages féminins brillent de par leur intelligence, leur force et leur humour. On peut citer la sœur de T’Challa, Shuri, prodige en matière technologique, Okoye, générale à la tête des guerrières Dora Milaje et fidèle au Wakanda ainsi que la reine Ramonda, une femme qui inspire le respect.

Il est plaisant de retrouver aussi de grand acteurs tel que Martin Freeman et Andy Serkis qui ne déçoivent pas dans leur interprétation.

Le film commence par retracer l’histoire du Wakanda, afin de nous donner le contexte. 

Coogler nous rappelle à quel point la tradition est importante car l’intrigue débute dans un musée présentant une collection d’objets appartenant à des pays du continent africain. C’est un lieu révélateur pour rappeler des coutumes passées ou qui sont toujours d’actualité. Mais il nous laisse aussi réaliser que ces objets ont été volés au pays d’origine: Killmonger indique que les objets ont été dérobés, pour pouvoir être exposés. Cela nous permet également de comprendre pourquoi les ancêtres du Wakanda ne voulaient pas partager leur technologie du Vibranium, car elle serait exploitée par les autres pays.

Nous retrouvons également les combats, avec des armes blanches : glaives, lances,… Rappelant les combats de tribus africaines. La scène du Casino, mélange armes à feu et armes traditionnelles ce qui forme en contraste entre modernité et tradition.

Les costumes ont été réalisés par Ruth E. Carter, qui a d’ailleurs remporté l’Oscar de la meilleure création de costume en 2019. Ils sont dotés de détails incroyables comme sur la coiffe de la mère de T’Challa, contrastant avec les tenues des personnages Marvel habituels, comme la combinaison de Captain America. Nous pouvons clairement voir les inspirations, que ce soit dans les bijoux, le maquillage mais aussi les motifs et couleurs sur les tissus. Ce qui rend l’ensemble festif, coloré et surtout très agréable à regarder!

Quant à la mise en scène, elle est époustouflante. Ryan Coogler nous offre de quoi nous émerveiller et nous en prendre plein les yeux grâce à des plans d’ensemble à couper le souffle.

Les paysages de nature rappellent les terres africaines remplie de richesse. Bien que les scènes n’ont pas été tournées en Afrique, elles restent fidèle à ce que le continent peut offrir. 

Pour citer T’Challa qui rentre de mission après une longue absence avec Okoye et Nakia «On ne s’en lasse pas». 

Les scènes de combat n’ont rien à voir avec les buildings et les métropoles qui finissent souvent par être détruits comme dans les précédents Marvel. Rien à voir avec les explosions et les voitures qui volent sans cesse. Rien à voir avec les foules hystériques qui courent partout. Ici les choses se font dans les règles. Les combats ont lieu dans des endroits spectaculaires -notamment lors du sacre de T’Challa- précédé d’un combat avec M’Baku, chef d’une des cinq tribus du Wakanda.  

Une scène de combat incroyable, avec des cascades exceptionnelles artistique. On a l’impression qu’ils mènent une danse, une danse violente, virulente mais splendide et rythmées par les tambours diégétiques puis extra-diégétiques et les cris des spectateurs. La musique qui monte en crescendo nous tient, durant le combat, en haleine. Une très belle scène avec des images de synthèses réussies.

La prise de vue a été faite par Rachel Morrison. Elle a allié le traditionnel et le moderne. Les couleurs sont douces, tendant vers le chaud, pour rappeler les paysages caractéristiques du continent, le sable, la chaleur, les montagnes. 

Mais sur certaines scènes, surtout celles de nuit, ou en intérieur, nous retrouvons des effets de néons. 

Ainsi nous avons des contrastes au niveau visuel entre le Wakanda aux yeux du monde : un pays d’apparence pauvre, mais cachant une puissance technologique. Nous pouvons parfois voir à l’image ce contraste, avec par exemple, un bout du vaisseau en amorce, avec en arrière plan la steppe. La scène du casino, tournée en un plan séquence d’une minute, est le témoignage d’une grande préparation: il permet de rendre l’action beaucoup plus intense, et nous avons l’impression de la vivre en même temps que les personnages.

Alicia Wale, étudiante en cinéma, & Clémence, dans le cadre d’un atelier d’écriture critique portant sur les Blockbusters.

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