Une sirène à Paris, Mathias Malzieu, 2019

L’univers de Mathias Malzieu est l’une des plus belles choses que j’ai pu découvrir dans ma vie. Depuis son livre Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi (que je vous conseille) et l’incroyable Jack et la mécanique du cœur, en passant par Journal d’un vampire en pyjama, Mathias nous fait ressentir la vie comme on ne l’aurait jamais imaginée auparavant. 

    Alors, évidemment, lorsque Une sirène à Paris est sorti en livre ainsi qu’en film, je me suis empressée de le voir dès la réouverture des cinémas. Et si je peux vous donner ne serait-ce qu’un seul conseil, que vous soyez habitués à son style ou non : foncez !

    On y retrouve toutes les cartes de son univers avec une touche de nouveauté qui se ressent à travers l’écriture mais qui est très bien placée à mon goût. En plus d’être un musicien talentueux (si vous n’écoutez pas déjà Dionysos, qu’attendez-vous ?), il est un réalisateur et un écrivain incroyable. L’album sorti pour l’occasion colle parfaitement avec le film et les musiques à elles-seules sont sublimes (mention spéciale à Panna cotta girl, Le chêne ainsi que Voler en amour). Si vous êtes sentimental.e ou loufoque, vous ne pourrez qu’adorer, Dionysos est fait pour vous. 

    L’histoire est simple : Gaspard, grand enfant au cœur brisé, travaille au FlowerBurger, un restaurant sur une péniche au bord de la Seine. Lorsque Lula, une sirène – qui fait mourir les hommes lorsqu’elle chante – échoue sur le rivage, Gaspard décide de la ramener chez lui, et en tombe éperdument amoureux.

    Une sirène à Paris, c’est un conte de fée contemporain, une ode à l’enfance et à l’imagination, un amour des hommes comme de la vie, même dans ses plus sombres moments. Certains personnages sont d’ailleurs appelés des « surprisiers », ce qui, en plus d’être le titre de l’album, est défini comme : «ceux dont l’imagination est si puissante qu’elle peut changer le monde… du moins le leur, ce qui est un excellent début ». Tous les Hommes devraient être des surprisiers, et Gaspard l’a très bien compris.

Rapetisser devant l’immensité du monde, s’exposer au sublime. Vérifier la houle comme on vérifie son courrier, partir pour se retrouver. S’inventer de nouveaux souvenirs. Se donner les moyens d’être surpris. Imaginer et travailler dur pour réduire l’écart entre rêve et réalité. Souder. Se souder. Résister. Ne plus se contenter de regarder, apprendre à voir. Trouver. Se retrouver. Se perdre. Perdre. Donner. Recommencer. Vivre en accéléré pour tenir en équilibre entre le futur et le passé.

    Ce film est utile. Il nous aide à trouver le courage de rester nous-même, de vaincre nos anciens démons et de réussir à dire au revoir au passé malgré la difficulté d’accepter que le temps avance (ce que Gaspard a beaucoup de mal à faire). Mais, même en devenant adulte, il ne faut jamais laisser tomber notre enfant intérieur. 

    Foncez voir ce film qui vous sera d’une grande utilité et qui apportera un moment de douceur enfantin dans votre vie, même en abordant des thèmes bien plus sombres. Mathias Malzieu mélange la tristesse et la gaieté avec une justesse folle, et j’ai hâte d’embarquer à bord de son carrousel pour de nouvelles aventures dans l’avenir qui, j’en suis sûre, seront tout aussi féeriques.

    Je terminerai ma critique par une citation d’Antoine de Saint-Exupéry qui correspond parfaitement à la morale du film : «Toutes les grandes personnes ont été des enfants, mais peu d’entre elles s’en souviennent ».

    Bon visionnage !

    Mona

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